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les tableaux de l'église

 

 

 

 

TABLEAUX DE NOTRE EGLISE

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A un moment ou à un autre, mais jamais tous ensemble au 19ème siècle, et après
on a pu voir, sur les murs de notre église, cinq tableaux :
un Annonciation, une Nativité, une Adoration des Mages
la Visite de Jésus chez Marthe et Marie
et un Crucifiement.

 

  • 1864 : Pierre Damien RAINGUET, dans ses Etudes Historiques sur l'arrondissement de Jonzac (ce livre, réédité en 1979, peut être consulté à notre bibliothèque Municipale) écrit à la rubrique Saint Ciers du Taillon : " L'église possède deux tableaux, un Crucifiement, placé au grand autel et apporté par M. l'abbé AUFRUN, de l'île d'Oléron, plus une Annonciation".

  • Juillet 1981 : Louise ROBERT, dans sa plaquette sur St Ciers du Taillon (cette plaquette est également disponible à notre Bibliothèque Municipale) indique de son côté, à propos de notre église, que " l'ornementation intérieure comprend un tableau d'une Nativité, attribuée au TINTORET, offert par un Comte de Saint Légier d'Orignac".
    Elle ne parle pas des deux tableaux actuellement en projet de restauration. Il est possible, qu'à ce moment-là, ils étaient déjà décrochés.

  • Octobre 2006 : Sur le dépliant du Bulletin de souscription pour restaurer ces derniers, on lit : "L'église possède des oeuvres de qualité : un Grande Croix et deux tableaux représentant l'Adoration des Mages et la Visite de Jésus à Marthe et Marie. Les deux tableaux, huiles sur toile de grandes dimensions, sont inscrits à l'Inventaire Supplémentaire des Objets Mobiliers depuis 2003.
    Réalisés au XIXème siècle, ils ornaient autrefois les murs du Choeur, de part et d'autre de l'autel. Cependant, très dégradés, ils ont été déposés et mis à l'abri ".

 
Tableau 1
Tableau 2

 

Adoration des Mages

 

Visite de Jésus chez Marthe et Marie

 

 

- remarque : Lorsqu'elles ont été descendues, ces deux peintures provenaient du mur rénové en pierres apparentes, côté aire de repos. Alors qu'il était encore platré et plusieurs années avant sa rénovation, une main anonyme avait écrit, en dessous de l'Adoration des Mages " ce tableau représente une petite fortune, il mérite d'être restauré".

Certains disent que "la Visite de Jésus chez Marthe et Marie" et "l'Adoration des Mages" nous auraient été donnés en échange de " l'Annonciation" et du "Crucifiement". C e n'est pas impossible.
Cependant, cet échange n'a pu avoir lieu qu'après 1864 puisque, à cette date, dans son livre, Rainguet mentionne uniquement " l'Annonciation" et "le Crucifiement".
Ce qui veut dire aussi que la "Nativité" n'est apparue dans notre église qu' après cette même année 1864, puisqu' il n'en parle pas non plus.

Les personnes qui ont bien connu Louis ROBERT savent qu'elle possédait de solides connaissances en Peinture. Ayant vécu à Paris, les "TINTORET " du Louvre ne lui étaient certainement pas inconnus, et elle avait sûrement examiné de près notre "Nativité".
Pour ces raisons, bien qu'elle n'ait pas précisé ses sources, excepté le fait que cette oeuvre était un don d'un Comte de St Légier d'Orignac, je ne pense pas que l'on puisse là émettre un doute lorsqu'elle écrit que ce tableau est attribué au "TINTORET". sinon elle l'aurait contesté elle-même.
Toutefois, cette peinture n'étant pas considérée comme une copie, la seule restriction possible est qu'elle aurait été conçue par un des élèves du "TINTORET". Il en eut de nombreux.

Le TINTORET, vénitien du 16ème siècle, avait au cours des années 1561/1581 réalisé une série de tableaux pour la Scuola Grande Di San Rocco de Venise; parmi ceux-ci, et précisément, une "Nativité" (542x455 cm).

Compte-tenu de l'urgence à remettre cet article à l'imprimerie
il ne m'a pas été possible d'y faire figurer la photographie de ce tableau.
cette-ci sera cependant publiée rapidement sur internet
et dans le prochain numéro de l'Echo Taillonnais.

 

 

 

 

 

Tintoret

Jacopo ou Giacomo, fils de Batisto ROBUSTI, naquit à Venise en 1512 ou 1518.
Il est décédé en 1594. Son père était teinturier et de là le surnom de TINTORETTO
qui lui restera toujours et qui mieux que "le petit teinturier" pourrait se traduire
par le "petit du teinturier" (précisions de M.R. BIANCHINI).

 

Quittons Venise et, à la même époque, allons voir ce qui se passe du côté d'Orignac.

 

RAINGUET, dans son livre, note qu'en 1578, René II de St Légier, écuyer, épousa, au prêche calviniste, Marie LEFOURESTIER, Dame d'Orignac, qu'ils eurent une fille et en 1585 un fils, René III de St Légier d'Orignac, Chevalier, Gouverneur de Pons, marié à Louise de Blois.
René III de St Légier d'Orignac fut le premier des Saint Légier à être, par la naissance, un Saint Légier d'Orignac.

Nous ignorons à quel moment la famille Saint Légier avait acquis cette "Nativité", attribuée au TINTORET.
Pour qu'une peinture d'une telle valeur ait fait l'objet d'un don à notre église par un Comte de St Légier d'Orignac (catholique), 
cela ne peut être que dans une circonstance tout à fait exceptionnelle.
Après 1861, celle-ci apparait en 1885, année du 300ème anniversaire de la naissance de René III de Saint Légier d'Orignac.
La branche d'Orignac de la famille Saint Légier venait d'avoir 3 siècles. Ce n'est pas rien. Une messe a du être dite.

Tout cela n'est, de ma part, qu'une supposition. Elle est vraisemblable.

Ce tableau a, malheureusement, disparu.
C'est pour notre Patrimoine communal une perte irréparable.
Toutefois, il n'est jamais trop tard pour entreprendre des recherches
sur la disparition d'une peinture de cette importance.
Cela en vaut la peine.

***

 

Pendant les 25 années de son sacerdoce taillonnais, de 1911 à 1935 , année de sa mort, l'abbé Chevallereau, systématiquement, a repoussé les offres d'achat des marchands de tableaux qui venaient l'importuner dans son église.
l'un d'eux lorgnait un peu trop l'Adoration des Mages" et la "Visite de Jésus chez Marthe et Ma rie".
Monsieur le Curé, très calme : "Vous savez bien que ces peintures ne sont pas à vendre". J'ai cependant, chez moi, un vieux tableau que je vous cèderais bien volontiers".
Le marchand le suit jusqu'à la Cure. L'abbé Chevallereau fait mine d'avoir perdu sa clé. Il frappe à la porte. Sa bonne, d'un âge canonique avancé, vient ouvrir.
"Tenez, dit-il en la désignant de la main ! Mon vieux tableau, le voilà !". Pauvre Lucie !

 

 

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