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Double crime en 1907

 

 

 

 

Un double meutre a été commis à Saint Ciers du Taillon, chez Jouet.........fin Décembre 1907

***

 

Les époux BRICOU ont été assassinés.

Le Parquet de Saintes, composé de M.M. SAUVAGET, procureur de la République, FLANDRAY, juge d'instruction et REIGNIER, commis greffier, s'est transporté sur les lieux du crime.

Le Docteur CHEVALIER, appelé à procéder aux premières constatations, avait refusé le permis d'inhumer, après examen des victimes.
Le Docteur DESBROUSSE, médecin légiste, a fait sur les lieux l'autopsie des cadavres.

Le malheureux BRICOU a succombé à une hémorragie abondante due à un coup de feu qui lui a sectionné une artère. Il a survécu cependant quelques minutes à ses horribles blessures. On a retrouvé dans les plaies les bourres et les grains de plomb encore agglutinés par le sang coagulé. Les coups ont été tirés presque à bout portant, dans le côté gauche de l'omoplate. Des grains de plomb étaient venus sortir à la hauteur du sein, fracturant les côtes.

Son épouse a reçu un coup de fusil tiré de loin, par derrière, traversant le corps en biais et perforant un poumon. On a retrouvé, non loin de son cadavre, une lanterne, son mouchoir, son manteau et également tout près, le bâton dont elle avait l'habitude de se servir pour marcher.

Quant à BRICOU, il tenait encore dans sa main crispée le manche cassé de son parapluie. Chose extraordinaire, la blouse qu'il portait n'est pas percée. C'est sans doute l'assassin lui-même qui l'en a revêtu après l'avoir tué. Le fait qu'il n'ignorait pas l'existance de cette blouse semble indiquer que lui et les époux BRICOU se connaissaient. Il peut y avoir là un signe de préméditation.

BRICOU avait vendu, quelques jours auparavant, pour 300 francs d'avoine et, la veille à la foire de Mirambeau, huit paires de poulets, pour environ 50 francs.
Il avait sur lui 23 francs.
Une montre en or et une autre en argent n'ont pas été volées au domicile des BRICOU, qui cependant fut bouleversé. On n'y a trouvé aucune somme d'argent.
Tout le monde s'accorde à dire que les victimes pouvaient avoir quelques économies, mais peu, tout au plus 100 francs.
BRICOU, foncièrement bon et confiant, recevait cordialement le premier venu, et au besoin le laissait seul dans la maison, sans méfiance aucune. Il prétendait qu'il n'avait rien à craindre des malfaiteurs, étant pauvre comme un rat.

Revenu de la foire de Mirambeau, en compagnie de plusieurs voisins, il passa la veillée chez lui, avec la famille DROUARD et se coucha vers dix heures.

Les époux BRICOU, très unis, doux et serviables, étaient entourés de l'estime générale, incapables de faire mal à qui que ce soit. On ne leur connaissait pas d'ennemi.
Le crime ne peut donc pas être attribué à une idée de vengeance, mais bien plutôt à un vol.

Ce qui est certain, c'est qu'il y a bien eu préméditation. L'assassin a utilisé un subterfuge pour amener les malheureux sur la route.S'il avait commis son forfait à leur domicile, il aurait risqué en effet d'attirer l'attention des voisins.
Il ne peut être qu'un familier des BRICOU pour leur tendre ainsi un véritable guet-apens, dans le milieu de la nuit.

Il résulte de l'autopsie que le mari avait mangé une demi-heure avant sa mort, alors que le repas du soir de son épouse était déjà digéré.
On a trouvé chez eux, sur la table, deux verres, deux fourchettes, du pain et une bouteille de vin. Cela indique, qu'avant de suivre, avec son épouse, celui qui, sous un fallacieux prétexte, était venu les chercher, BRICOU avait auparavant invité l'assassin lui-même, qui avait accepté, à casser la croûte.

Si l'on rajoute que BRICOU et sa femme s'étaient auparavant correctement vêtus, on en arrive à conclure qu'un prétexte impérieux fut invoqué pour les décider à venir.

On a des soupçons et les magistrats sont sur une piste sérieuse.

Lors des obsèques des infortunées victimes, l'église était trop petite pour contenir ceux qui étaient accourus, même des communes avoisinantes, pour assister à cette lugubre cérémonie. Six cents personnes, au moins, avaient tenu à accompagner les époux BRICOU, qui étaient nous l'avons dit très estimés, à leur dernière demeure si prématurément et si tragiquement ouverte.
Cette foule était silencieuse et émue. Elle s'est écoulée lentement. Dans les nombreux groupes, on pouvait lire de la stupeur et surtout de l'indignation.

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Tel est, à quelques mots près, le contenu des articles publiés fin décembre 1907 dans le journal "La France".

L'assassin présumé a pris la fuite. Il n'a pas été possible, malgré les efforts déployés, de procéder à son arrestation.

Ce crime reste impuni.

Quelques personnes en savent un peu plus.

On connaitra la vérité sur ce double meurtre lorsqu'il sera possible d'en publier les détails,
à partir de fin décembre 2007, à l'expiration du délai de 100 ans imposé par la loi.
On pourra alors consulter le dossier judiciaire.

Un borne a longtemps marqué "le lieu du crime".
Elle a aujourd'hui disparu.

 

      Jacques Lamontellerie

Complément le 29/03/2010 par Jacky Combas

 

Une partie du mystère est désormais connue, mais une partie seulement !

La réponse partielle à cette énigme figure dans un document intitulé " Crimes et Incendies en France et en Algérie (1891-1914) rapports de Gendamerie et des Procureurs Généraux, (inventaire détaillé des dossiers 92A, 93A et 107A contenus dans le groupe BB18 18136 à 2530 2) publié en 2003 par Denis Habib , conservé au Centre Historique des Archives Nationales (C.H.A.N.).

On peut y lire: Assassinat à Saint-Ciers-du-Taillon (Charente-Maritime), des époux Bricou, par Jean-Baptiste-Claude-Louis Bouet, en fuite depuis, (3 janvier-18 février 1908, 5 pièces).

Ce dossier, libre d'accès désormais, comporte 5 pièces qu'il sera intéressant de consulter.

 

 

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