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La Maison de St Légier

 

 

Printemps 1996
En complément de la page 15 de la brochure de Louise Robert sur St Ciers-Orignac

Complément n° 1

 

 

" René II de St Légier avait épousé, par contrat du 4 décembre 1578, Delle Marie Lefourestier, fille de Messire Jean Lefourestier, écuyer, Seigneur d'Orignac, et de Jeanne de St Martin. Ce fut cette alliance qui donna le château et la terre d'Orignac à la Maison de St Légier.

Les Lefourestier avaient eu ce fief par un mariage en 1391, et depuis 1200, Orignac, toujours transmis par héritage (il ne s'est vendu qu'en 1920, après sept siècles). Le 1er novembre 1585, veille du jour même de sa mort à l'ennemi, René II de St Légier fit son testament en faveur de son fils à naitre qui fut : René III de St Légier, Chevalier, haut et puissant seigneur de Boisrond, de Nion, d'Orignac, de la Combe, de Lussac, de Versuire et autres places, enseigne de la Compagnie des Gens d'Armes du Duc d'Epernon...
Dans le recueil des lettres de Nicoles Pasquier, imprimées en 1623, il en est plusieurs intéressantes adressées à René de St Légier de Boisrond, dans lesquelles il est parlé de la prison du Prince de Condé, de la cause des maux qui accablent ceux de la religion réformée, de la nécessité de faire la paix, du devoir qui incombe au Roi de leur donner cette paix, etc...
Lors de la célèbre Déclaration de La Rochelle, par les Huguenots, Boisrond y adhéra, mais après la défaite des armées protestantes à Rié le 15 avril 1622...il fit sa soumission".


Ce texte m'a été communiqué, en 1963, par Gérard de Sérigny (décédé) dont la mère était alliée à la famille St Légier d'Orignac.

Dans le prochain "Echo Taillonnais", je donnerai les renseignements que j'avais pris sur René IV de St Légier : ses difficultés avec le pouvoir après la Révocation de l' Edit de Nantes, malgré la protection de Mme de Maintenon, l'invasion de son château par la troupe, et le départ de son épouse et de sa fille pour l' Angleterre, puis la Hollande.

 


Hiver 1996
complément n° 2

René IV de St Légier.

"Chevalier, haut et puissant Seigneur de Boisrond, d'Orignac, de Nion, du Petitfort, de la Combe, de Versuire, de Lussac, de St Germain du Seudre, de Lussinet et autres places...
Boisrond suivit la carrière des Armes.
L'agrément de sa personne, ses manières et son esprit, lui valurent d'être distingué dès son entrée dans le Monde et à la Cour, où déjà on citait ses réparties et ses madrigaux.
René de St Légier, pourvu d'une compagnie de cent maîtres, servit au siège de Bellegarde et dans l'armée de Catalogne. Une querelle avec le Prince d'Arcourt le força a abandonner la carrière militaire et à se retirer dans son château d'Orignac.
A peine âgé de 40 ans, il se trouva bientôt fort ennuyé de la Province. Il alla à Chantilly trouver Monsieur le Prince de Condé qui le connaissait depuis longtemps, et qui l'accueillit avec distinction. Il ne parait pas néanmoins que Boisrond ait repris du service.
Il revint en Saintonge, et passa son temps en visites, parties de chasse, et aventures de toutes sortes, qu'il raconte en détail et fort spirituellement.
Attaché au parti calviniste, il eut beaucoup de peine à s'en séparer, et il résista même aux pressantes sollicitations de Madame de Maintenon (1), qu'il revit à Paris comme une ancienne amie. En effet, Boisrond avait connu Ma demoiselle d'Aubigné (1)...
Admis à l'Hôtel d'Albret, et à celui de Richelieu, il avait eu l'occasion d'y voir souvent Madame Scarron (1). "Ce fut en ce temps-là, dit-il, que les portraits étaient à la mode, et que je fis le sien par un sonnet qui a assez courru le monde".

Quand parut la Révocation de l'Edit de Nantes (1685)...Monsieur de Boisrond partit aussitôt pour Paris, se rendant à la Cour. Il comptait beaucoup sur la puissante protection de Madame de Maintenon qui lui demanda ce qu'il souhaitait d'elle. "Que vous voulussiez bien, Madame, lui répondit-il, vous donner la peine de décider si un gentilhomme peut avec honneur c hanger sa religion à coups de bâton et les troupes chez lui". Déjà, en effet, un lieutenant et trente soldats avaient envahi le château d'Orignac, et le Marquis de Boufflers dût intervenir pour les en chasser.
Madame de Maintenon obtint du Roi un délai de 3 mois pour que Boisrond pût à loisir étudier la religion catholique. Monsieur de Mahis, ministre protestant, converti quelques années auparavant, l'engagea fortement à abjurer l'erreur, ce à quoi René de St Légier était tout à fait disposé, mais non point Madame de Boisrond. "C'était, dit-il, une pilule dure à digérer pour une femme, bonne chrétienne du reste, mais huguenote à brûler". Madame de Boisrond et sa fille Madeleine se réfugièrent en Angleterre et, de là, à Haarlem (2).
Boisrond se fit alors présenter au Roi par le Duc de Noailles. Louis XIV lui dit :" Je sais le parti que vous avez pris, Monsieur, et j'en suis satisfait".
Il vit encore, à Chantilly, le Prince de Condé qui le présenta à son neveu le Prince de Conti, qui lui demanda s'il était franchement catholique. "Monseigneur, lui répondit Boisrond, si j'avais cru ne pouvoir faire mon salut dans la religion romaine, je crois que Dieu m'eût donné la grâce de tout souffrir, plutôt que de changer".

Rentré dans ses foyers, René de St Légier...vécut en son château d'Orignac, entouré de nombreux amis et s'occupant de ses mémoires. On trouve dans ce recueil, écrit avec esprit, une foule d'anecdotes concernant divers personnages de la Saintonge.

 


Extrai de la généalogie de la famille de St Légier d'Orignac communiqué à Jacques Lamontellerie par Gérard de Sérigny, allié aux St Légier par sa mère.

(1) Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, était la petite-fille d'Agrippa d'Aubigné, homme de guerre et poête, né à St Maury, près de Pons. Elle avait été marièe au poête Scarron, puis veuve, elle avait été choisie pour élever les enfants royaux de Madame de Montespan et mariée secrètement à Louis XIV, après la mort de la Reine.

(2) Haarlem: ville des Pays-Bas, centre commercial important (draperies). Assiégée par les Espagnols, elle fut décimée en 1573. Les protestants français émigrés contribuèrent à sa reconstruction et à son développement commercial et culturel. C'est vers 1636 que la "tulipomanie" y prit naissance.

 

 

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